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©Photo personnelle Lucas Fattori

La reprise d’entreprise, une solution pour la relance du marché du travail

C’est ce que m’a affirmé Lucas Fattori, le directeur du cabinet Michel Simond Alsace, spécialiste de la cession et de l’acquisition de commerces et d’entreprises.

Lorsqu’il m’a contacté pour me demander si j’étais intéressée par la reprise ou la cession d’entreprise, j’ai tout de suite pensé à la rédaction de cet article. Même si je n’y ai jamais pensé personnellement, je me suis dit que le sujet pouvait intéresser plus d’une personne.

Au vu de l’affluence qu’il y a eu au Job dating organisé au Zenith de Strasbourg le 7 octobre 2020 et les effets de la crise sur les embauches, mettre en lumière des alternatives au salariat me semblait important. Ça peut créer un déclic et pousser des personnes à se lancer dans l’entrepreneuriat. C’est dans cette logique que j’ai proposé à Lucas, passionné d’entrepreneuriat, une rencontre afin de préparer cet article. Une idée à laquelle il a tout de suite adhéré.

L’Offre Strasbourg : Comment présentes-tu la cession et la reprise d’une entreprise ?

Lucas Fattori :
Imagine une personne qui, il y a des années a décidé de créer son entreprise. A un certain âge elle choisi de partir à la retraite. Si elle n’a pas de successeur, il faut lui en trouver un et valoriser sa vente.
Pour d’autres vendeurs, la motivation est toute autre. Ce sera une envie de changement, une envie de se constituer un capital pour investir dans un autre projet plus grand, ou une raison plus personnelle comme aller rejoindre sa compagne ou son compagnon dans une autre ville.
Les entreprises que je propose à la vente ont une bonne santé financière, elles sont viables, le business modèle est éprouvé et rentable, il y a déjà une clientèle. Ce sont les raisons pour lesquelles l’essentiel des repreneurs s’en sortent économiquement versus la création d’entreprise pure, où la moitié ferment au bout de la 3e année.
Mon objectif est d’assurer cette pérennité au repreneur. Tous les dossiers de vente sont minutieusement étudiés.

L’Offre Strasbourg : Quel est le profil des repreneurs ?

Lucas Fattori :
On distingue généralement trois types de repreneurs. On aura le professionnel d’un métier qui, après des années de salariat décide de se lancer à son compte. Ce sera le cas, d’un.e boulanger.ère qui décide d’avoir sa boulangerie, d’un.e fleuriste qui décide de reprendre une boutique de fleur. Ces personnes ont la technicité. Elles ont en moyenne la trentaine. Elles ont peu d’économies et d’expériences managériales.
On aura ensuite le cadre qui a de l’expérience et le capital. La tranche d’âge va de 40 à 55 ans. Sa recherche est plus large, peu importe le domaine d’activité, la structure, sa facilité à manager des équipes est un atout.
On aura enfin le profil de l’entrepreneur qui a déjà une entreprise et souhaite s’agrandir ou se diversifier.
Plus de la moitié de nos acheteurs sont des chômeurs, ils bénéficient de l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE). Ce dispositif leur permet de conserver leur droit au chômage pendant deux ans maximums. Ces indemnités leur permettent de prendre leur marque dans leurs nouvelles fonctions et leur assure une certaine sécurité.

L’Offre Strasbourg : Combien de temps dure une transaction ?

Lucas Fattori :
Le rachat d’une entreprise peut prendre en moyenne 21 mois entre la période où l’acheteur se décide et la formalisation de l’acte d’achat. Si l’acheteur est déjà sûr de son projet, l’opération peut ne durer que 6 mois.

L’Offre Strasbourg : Tes collaborateurs étaient présents au salon de l’emploi au Zénith, comment est ce que tes services ont été accueillis pas les personnes en recherche d’emploi ?

Lucas Fattori :
On a été approché par 24 personnes qui n’avaient jamais envisagé la reprise comme solution pour se remettre dans le marché du travail. Aujourd’hui, les discussions sont en cours sur d’éventuels rachats.

L’Offre Strasbourg : Et les banques dans tout ça, sont-elles frileuses en ce moment ?

Lucas Fattori :
Les banques prêtent. L’apport demandé peut aller de 20 à 40% du montant du projet selon les cas. Il faut également savoir que plus le projet de rachat est en adéquation avec le CV, plus l’apport peut être réduit. Pour se constituer un apport, en plus de ses économies, il y a des structures comme Alsace Active, France initiative ou Réseau entreprendre qui aident justement les acheteurs à fournir ces garanties aux banques. Depuis le début de la crise, on n’a pas constaté de freins de la part de la banque. Nos partenaires financiers continuent de financer les projets de reprise de nos clients.

L’Offre Strasbourg : Est-il possible de s’associer pour reprendre une affaire ?

Lucas Fattori:
Des personnes peuvent s’associer pour racheter une entreprise mais ça reste rare. Mais c’est une option que je déconseille vivement surtout si les associés le font uniquement pour avoir plus d’apport pour la banque.

L’Offre Strasbourg : Comment rassurer les personnes qui n’ont aucune expérience en entrepreneuriat ?

Lucas Fattori :
Il n’y a pas de formation qui prépare à l’entrepreneuriat. On se jette dans le bain et on apprend à nager. Nous collaborons avec un syndicat qui propose des formations autour de la thématique de gestion d’entreprise. Mais ce sont quelques compétences que les repreneurs acquièrent, le plus important s’apprend sur le tas. L’économie française est faite d’électriciens, de boulangers, de restaurateurs, de petits commerçants … Ces entrepreneurs n’ont pas fait de grandes études !
Le vendeur peut par ailleurs accompagner le repreneur pendant une courte période. On conseille que cet accompagnement ne dépasse pas les 3 mois car le cédant à probablement envie de passer rapidement à autre chose et l’acheteur ne souhaite pas non plus avoir l’ancien propriétaire dans ses pattes pendant longtemps.

L’Offre Strasbourg : En ces temps de crise, le reprise peut-elle être une opportunité ?

Lucas Fattori :
La reprise est clairement une solution qui participe au dynamisme économique. Se sentir libre d’exercer une activité qui nous plaît est une opportunité. Non seulement, on crée des emplois mais aussi on crée son propre emploi.
Il y a bien évidemment des risques mais ils ne sont pas insurmontables. Le premier pas c’est de croire en soi et se lancer.
La France compte plus de 3,6 millions d’entreprises. 94% ont moins de 10 salariés. Les personnes qui rachètent sont celles qui ont osé. Il faut de la volonté et avoir une bonne capacité de travail. Quand on est entrepreneur, on ne compte pas ses heures de travail.

En conclusion :
J’espère que, comme moi, vous en savez plus maintenant sur le sujet ! Si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à contacter directement le cabinet Michel Simond.
Vous aurez également l’occasion de retrouver Lucas Fattori et son équipe le lundi 16 novembre 2020 au salon Créer sa boîte qui sera organisé au Palais de la Musique et des Congrès de Strasbourg.

Un aperçu des commerces et entreprises à vendre à Strasbourg et environs : www.msimond.fr/commerces/Strasbourg/Bas-rhin

Interview réalisé par Leyla Doup Kaïgama


Informations pratiques :
Cabinet Michel Simond
Tél : 03 88 15 07 77

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